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| Ander Nieuws week 22 / nieuwe oorlog 2006 | Le Monde 25.05.06 Par Laurent Zecchini La recrudescence des combats de ces derniers jours en Afghanistan illustre une "irakisation" de plus en plus marquée de la situation, estiment les militaires français. Le comportement des forces talibanes et assimilées suit, selon eux, une double évolution : un recours accru aux méthodes terroristes et une capacité à s'aguerrir face aux troupes occidentales. Les combats au cours desquels deux soldats des forces spéciales françaises du 1er RPIMa (Régiment parachutiste d'infanterie de marine) de Bayonne ont été tués, samedi 20 mai, soulignent ce phénomène. Les attentats-suicides, qui sont une méthode a priori fort éloignée de la mentalité afghane, portent la marque d'une influence et d'une expertise vraisemblablement importées d'Irak, estime un spécialiste militaire. Les combattants talibans utilisent désormais systématiquement les "IED" (improvised explosive devices : engins explosifs improvisés). En la matière, "on trouve de tout, remarque-t-il, du plus simple au plus sophistiqué", comme des faisceaux lumineux infrarouges qui déclenchent l'explosion avec retard, au milieu d'un convoi de véhicules. Il y a eu une "transmission d'expertise", estime-t-il, des experts étrangers s'étant rendus en Afghanistan et des talibans ayant vraisemblablement été formés dans d'autres conflits (Irak, Tchétchénie). En liaison avec la délégation générale pour l'armement (DGA), les militaires se sont équipés de brouilleurs électroniques, mais la parade n'est pas parfaite, puisque ceux-ci, tout en empêchant l'explosion, ne permettent pas de détecter les engins explosifs. Sur le plan tactique, les talibans se livrent de plus en plus à des attaques avec un nombre élevé de combattants (100 à 200) en utilisant des méthodes de combat sophistiquées : "Leurs embuscades sont bien montées, ils connaissent les habitudes des forces occidentales, et se sont manifestement aguerris au combat", indique-t-on de même source. "Pouvoir de nuisance" Au ministère de la défense, on attribue cette recrudescence de la violence à plusieurs facteurs. Grâce notamment à la formation qu'elle a reçue d'instructeurs américains et français, l'armée afghane monte en puissance, ce qui signifie qu'elle hésite moins à lancer des opérations en dehors de Kaboul - avec l'aide des forces de la coalition "Enduring Freedom" ("Liberté immuable"). Elle est donc plus souvent au contact de l'adversaire que par le passé. La lutte contre le trafic de drogue est, d'autre part, devenue l'un des enjeux majeurs des affrontements (en particulier dans la province de Helmand, qui est la principale région afghane pour la production d'opium). "Les coups de boutoir de la coalition et l'extension de l'ISAF (Force internationale d'assistance pour la sécurité, commandée par l'OTAN) vers le sud bousculent le narcotrafic : les chefs locaux défendent leur pré carré avec acharnement", indique un officier. La corruption du gouvernement de Kaboul, l'exaspération de la population locale qui voit disparaître ses sources de revenus dans les campagnes d'éradication de la drogue, la complicité dans ce trafic d'une partie de l'ISI (InterServices Intelligence, les services de renseignement pakistanais) sont autant de facteurs qui aggravent la situation militaire. Les talibans ont pour stratégie de faire le maximum de morts parmi les troupes de "Liberté immuable" et de l'ISAF, explique ce spécialiste, afin de faire pression sur les opinions publiques occidentales : "Deux morts français (ce qui porte à sept, dont quatre pour les forces spéciales, le nombre de soldats tués en Afghanistan depuis décembre 2001) nous ébranlent, alors que vingt morts de leur côté, cela n'a aucune importance", remarque-t-il, en s'inquiétant d'un scénario qui pourrait évoluer vers celui de la guerre d'Algérie : "L'armée française avait dans l'ensemble pacifié le terrain, mais le FLN gardait un fort pouvoir de nuisance, et ses attentats ont fait basculer l'opinion publique française", rappelle-t-il. © Le Monde.fr Origineel: Original link Engelse Vertaling: The "Iraqization" of Afghanistan Worries the French Army | Ander Nieuws week 22 / nieuwe oorlog 2006 | |